Seeker

Heureux roman de la SF populaire, ce Space opéra joue à la perfection l’apposition d’astuces qui font la réussite de nombreuses séries TV. Une efficacité féroce, une écriture simple, un synopsis conquis au polar fertilise ce roman conformiste. Sans oublier ce ressort scénaristique éculé produit par un indéfectible numéro de duettiste. Bref, une lecture prenante et réussie.


Invariablement secondé par sa remarquable assistante Chase Kolpath, Alex Benedict, tel un Indiana Jones galactique, s’enrichit dans la vente de reliques disséminées pendant les millénaires de l’expansion humaine. En quelques 6000 ans de colonisation humaine de la galaxie, celle-ci a connu quelques chaos, quelques ratés. Et justement, Benedict possède ce flair étonnant pour retrouver d’incroyables artefacts, qui font la joie de riches collectionneurs, tout comme la colère des archéologues.

L’aventure qui nous intéresse intervient à l’issue d’une infructueuse mission. Nos deux protagonistes tombent alors sur un mystérieux vase : vase qui s’avère très vite l’une des plus prodigieuse découverte de l’ère galactique car il provient du Seeker, le tout premier vaisseau de l’essaiment de l’humanité. Ce vaisseau mythique est le fruit du rêve d’une poignée de précurseurs utopistes pressés de fuir la terre et son giron. Commence alors une course folle à la recherche de la civilisation disparue. Adversité et trahison font monter la sauce de cette quête au suspense un brin alambiqué.

Tant par la narration que par le style, le mainstream fait son oeuvre et l’efficacité seule agrémente ce sémillant récit. Strass et paillettes, aventure et action, amour et trahison, tout y est. Le cinéma hollywoodien (option années 80-90) plane sans cesse sur le récit. C’est sur ce point un essai transformé.

C’est bizarrement, le manque total d’originalité qui fait la réussite de ce roman ou du moins sa qualité. Car s’il se lit si facilement, c’est bien que l’histoire tout comme l’écriture ne joue que sur les ressorts du page-turner.

Voici donc un bon roman populaire, véritable page-turner, idéal pour un séduisant moment de détente à la plage ou dans un train si vous n’y chercher pas le chef d’oeuvre que le prix Nébula pourrait laisser entrevoir, -les autres aventures d’Alex Bénedict ne sont d’ailleurs pas publiées en France-

éditions Télémaque, 2011
éditions Télémaque, 2011