Royaume de vent et de colères

Quand Jean-Laurent Del Socorro, invite la magie au cœur de l’histoire de France cela donne un impressionnant premier roman, une uchronie douce, un récit historique aux frêles accents de Fantasy et accessoirement un premier roman redoutablement efficace et plaisant.


J'ai Lu, 2017
J’ai Lu,
2017

Lorsque Henri IV reprend enfin la ville de Marseille, à l’issue de sa reconquête du royaume de France, tous les protagonistes de ce récit s’y trouvent pour l’ultime chant du cygne. Un concours de circonstances fait de L’auberge de ‘La roue de la fortune‘ le lieu d’une concentration de cabossés de la vie. Tous à leur manière eurent un rôle dans cet épisode des guerres de religions. Pourtant, et malgré cette convergence, c’est séparément que chacun jouera son ultime partition. Car, d’Axelle, la tenancière et ancienne capitaine mercenaire, au chevalier Gabriel, martyr de la saint Barthélemy, en passant par Armand le mystérieux mage en fuite et même quelques autres aussi atypiques, tous ont à cœur de solder leurs comptes avant la chute de Charles de Casaulx et de sa république.

Un roman court qui s’illustre par la fluidité que l’on éprouve à sa lecture alors que la structure semble pourtant complexe: faite de retours continus et irréguliers dans les cinquante années qui précèdent la narration principale, ainsi que d’une alternance des points de vue pour suivre tous les héros malheureux du roman. Mais avec une agilité digne des plus grands virtuoses l’écriture de Jean-Laurent Del Socorro ne laisse transparaître que limpidité et concision. Un doigté qui nous plonge à la suite de chaque personnage, dans leurs tribulations romanesques, dans le maelström de leur passif et de leur rancœur. Un style très incisif voir sec qui colle à l’ambiance même s’il m’a paru quelques fois un peu froid.

ActuSF, 2015
ActuSF,
2015

Un roman plein d’ardeur, où l’histoire du XVIe siècle français est si maîtrisée qu’elle accueille à bras ouverts l’aventure de chacun des personnages. Les intrigues politiques imaginées se fondent dans celles du roi Henri IV avec une aisance flatteuse. L’aventure, l’épique et le fantastique ne sont pas en reste et confèrent tout son côté romanesque à ce roman historique. Un roman de Fantasy hors normes et surtout hors des normes du genre qui s’en affranchit avec clairvoyance, car il donne à « Royaume de vent et de colères » une liberté que sa réussite met en lumière.


Difficile de passer à côté de ce premier roman très remarqué de Jean-Laurent Del Socorro qui emporte un adhésion quasi-unanime. Et si il est jugé par un majorité de lecteurs insatiables comme trop court, c’est que « Royaume de vent et de colères » est comme une gourmandise : on en redemande sans cesse.

3 commentaires Ajoutez les votres
  1. Très bon roman effectivement. Il aurait à mon avis pu se passer des quelques touches de fantasy, mais c’est un détail. Sur le plan historique, c’est également intéressant.

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