Palimpseste

Et si le voyage dans le temps était l’arme suprême de tous les pouvoirs?
Palimpseste affiche de suite la couleur, ici, il est question de réécriture de l’histoire grâce au voyage dans le temps. Thème classique de la SF depuis Wells, le voyage temporel atteint ici sont paroxysme, sous la plume habile d’un Charles Stross nourri à la hard Fiction (la chapelle scientifique du genre)  et engendra ce concentré de roman, cette épatante grosse nouvelle.


palimpsesteOn est plongé d’entrée au cœur de l’action pour suivre Pierce qui doit s’acquitter du meurtre de son propre grand père comme allégeance initiale et première étape de sa formation à la Stase. L’organisation maîtresse du voyage dans le temps, la gangrenante et très secrète Stase, oeuvre pour la conservation de l’humanité et de son précieux berceau la Terre. Et en véritables cavaliers de l’apocalypse ses missionnaires choisissent qui peut vivre ou survivre, éliminant par le crime des pans entiers de l’histoire sur des centaines de millénaires par un enchevêtrement d’actions qui réécrivent le sort de l’homme. Le cours historique de la terre est devenu le parchemin de l’ultime palimpseste.
 L’existence de Pierce subit une (habile) déconstruction de sa chronologie historique, illustration du pouvoir ultime possédé par cette machiavélique organisation. En bouleversant sa vie si facilement elle fait de lui un pantin désarticulé, paranoïaque. A l’instar d’un tyran la Stase contrôle tout, absolument tout. Et pour obtenir le scénario écrit pour la terre et les milliards d’années qu’elle lui à rajoutés, elle ne s’arrêtera devant rien.
Alors si le pouvoir de réécrire l’histoire est si absolu, si chaque détail peut être réécrit à l’infini pour se débarrasser du moindre défaut, du moindre opposant, peut-il exister un contre pouvoir?

Sur un récit long, là où l’enchevêtrement narratif aurait facilement fait des ravages, il réussit ici des merveilles.
La construction enchevêtrée, entrecoupée, déroutante est l’instrument d’une narration dynamique et nerveuse qui contre toute attente (surtout lors des interludes scientifico- descriptifs) nous tient entièrement captif. Car ce court roman tient plus de la nouvelle, tant par sa taille que par sa construction, ramassée et pétulante. Influencé par la hard fiction, -la véracité scientifique- Charles Stross nous livre ici une science fiction poussée à son paroxysme: la réécriture de l’histoire. Et plus de 5 ans après sa sortie dans la collection nouveaux millénaires, palimpseste est enfin disponible en poche à un prix raisonnable.