Niourk

Chaque nouvelle édition est une célébration du génie à l’oeuvre dans Niourk : le maitre étalon de la production de Stefan Wul, le père de la SF française. En effet Pierre Pairault, de son vrai nom, régale depuis les années 50 les lecteurs d’une SF originale et de sa plume redoutable.


milady, imaginaire, 2017
milady,
imaginaire,
2017

Comment envisager aujourd’hui une chronique de Niourk alors qu’il a fait l’objet de tant d’articles, d’analyses et même d’adaptations; je ne saurais rien dire de plus que tout ce qui a déjà été dit. Ce que j’aimerais pourtant c’est que Wul, et par là même Niourk, retrouve une place plus en adéquation avec le statut qui est le sien. Qu’il côtoie à nouveau les grands maitres de la SF (principalement US) qui eux, trustent depuis des décennies de façon permanente et sans jamais rien perdre de leur omniprésence les étals des librairies, les classements des magazines, les tops des ventes, les piles de lectures…
Au sein de la tribu l’enfant noir était un paria, il n’était accepté ni dans les jeux des enfants, ni à la chasse avec les hommes. Il était juste toléré à proximité du campement à condition qu’il sache se tenir en retrait. Sa différence servait d’excuse à tous les maux de cette petite communauté régie par des lois primitives et par un ancien jouissant du statut de « sage ». Mais le « Vieux » n’était qu’un ignare qui gardait pour lui un secret bien curieux. Un secret que l’enfant noir sera le seul à découvrir et qui sellera son destin. En suivant le vieux sans se faire remarquer dans les ruines d’une cité moderne, ultra-moderne, il se procurera ses premières grande émotions ainsi qu’un bâton qui crache le feu. Séparé de la tribu il partira seul pour un périple à travers des paysages dévastés et peuplés d’animaux mutants. Un périple qui le mènera à de nombreuses aventures épiques, mais aussi et surtout à la connaissance.

Castelmore
Castelmore

En tout juste 200 pages ce roman d’apprentissage qui passe du post-apocalyptique au roman futuriste d’une manière bien surprenante s’avère avant tout une aventure réjouissante. Un roman écrit sans autre prétention que le divertissement et qui jouit, à juste titre, d’un statut de classique, autant pour la jeunesse que pour le reste des lecteurs.
Niourk est porté par une écriture jetée, rapide, simple et directe et surtout par un style éclatant de clarté et d’accessibilité qui ancre l’auteur dans la catégorie des conteurs, de ceux qui choisissent le plaisir de l’histoire. De fait l’œuvre de Wul ne figure pas vraiment au panthéon d’une littérature classique et souvent érudite, elle reste toujours cantonnée à celle de genre, inconcevablement excluante. Et même si Niourk a bien une petite ascendance avec le genre Pulp il n’en est pas moins un formidable roman. Un roman grand public qui figura longtemps parmi les ouvrages étudiés par les collégiens : une reconnaissance bien faible et surtout très indirecte au regard de ses qualités pourtant indéniables. Alors s’il ne transcende pas le genre au-delà des frontières communément reconnues de la SF, il en est par contre une porte d’entré formidable : idéale pour un premier contact.


Bragelonne,
Bragelonne,

Ni le temps, ni les relectures n’altèrent l’éclat de Niourk. Sa simplicité tonitruante, sa limpidité rutilante en font peut être le plus accessible des romans de Stefan Wul; celui qui émerveille tous les âges comme toutes les générations. En effet, ce roman élémentaire s’adresse à l’enfant qui est en nous grâce à une vision et une écriture romanesque qui savent se contenter de l’essentiel et qui ne tombent pas bêtement dans le manichéen, le simpliste ou d’autres travers de la littérature enfantine. Oui ce roman est aisé, facile, par sa construction naturelle et la vision intelligible de Wul. Plaisir difficile à bouder, cette fable futuriste traverse les générations avec une facilité significative impressionnante.