Les attracteurs de rose street

Si la collection Une Heure Lumière est presqu’immanquablement une promesse de réussite, celle faite par Lucius Shepard avec “Les attracteurs de rose street” serait plus sûrement celle d’une élégante plongée dans le Londres de la grande époque victorienne. Une vision qui semble tout aussi fantasmée que fantastique.  


 

Le Belial', Une heure lumière, 2018
Le Belial’,
Une heure lumière,
2018

Alors qu’à Londres le XIXème siècle s’achève sur une révolution industrielle florissante, le jeune et prometteur Samuel Prothero, aliéniste (praticien des aliénés) doué mais en manque de reconnaissance vient de s’inscrire au club des inventeurs de Londres. A lui d’y faire bonne figure pour qu’un avenir radieux lui sourit et que sa carrière décolle sous les meilleurs hospices. Cependant la jeunesse est souvent fougueuse et intrépide et lorsque Jeffrey Richmond, inventeur de génie mais aussi le membre le plus controversé du club, entre secrètement en contact avec lui pour solliciter ses compétences sur un problème atypique, Prothero oublie toute prudence. En lui vantant un cas tout simplement unique, Richmond, n’eut aucun souci à s’attirer toute la curiosité du freluquet, et ce n’est qu’une fois sur place dans sa demeure de Rose Street qu’il dévoila ce qui fit inévitablement l’effet d’une bombe sur son cadet : c’est d’un spectre qu’il lui faudra découvrir la psychologie. Appâté, intrigué, Il est désormais trop tard pour ce blanc bec qui ne peut plus reculer et le voilà qui prend pension chez Richmond pour entamer la psychanalyse la plus marquante de sa vie. 

Court et sémillant, le récit jouit de sa proximité avec tant d’autres choses connues. Non pas que Lucius Shepard joue avec les clichés, mais plutôt que la mise en route ainsi que les situations se montrent à la fois précises autorisant néanmoins notre imagination à convoquer allégrement les œuvres du répertoire gothique ou victorien. Cette ambiance palpable réhausse fort bien, ce texte qui serait sans cela trop romantique et trop classique à mon goût. Il m’est d’autant plus facile de saluer ce point positif, que les histoires de spectres ont rarement l’occasion de me distraire de la sorte.  Ajoutons encore que l’équilibre entre l’ambiance et l’action finit de compléter ce tableau sympathique.


 

 

Cette Novella que j’ai lu comme un clin d’œil, a, selon moi, comme unique ambition le plaisir fugace, mais réel d’une lecture détente. En cela c’est une réussite. 

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