Le choix

Comme les deux faces d’une même pièce, « Le choix », pourrait soit vous émouvoir, vous griser, soit bêtement vous laisser au bord du chemin. A peine plus importante qu’une nouvelle, cette novela, peut s’enorgueillir d’une écriture remarquable, d’une fluidité impressionnante, mieux elle est exempte de toute maladresse. Cependant elle illustre bien l’enjeu de ce format particulier qui doit cristalliser une piste au plus vite, pour captiver, fasciner ou émouvoir sous peine de décevoir.


Le belial, une heure-lumière, 2016
Le belial,
une heure-lumière,
2016

Deux adolescents, amis d’enfance, vont, en choisissant de se précipiter vers ce dragon que la rumeur dit échoué sur le rivage, sceller leur destin. Quoi de plus normal pour eux que fuir un quotidien si monotone? Dans ce monde post-cataclysme écologique, Damian et Lucas, connaissent déjà la routine d’un labeur journalier, qui seul, leur permet encore de survivre dans ce Northfolk épargné par la montée des eaux. Evidement cette « chevauchée » singulière sera le point de rupture de leur vie. Car sur la plage, fascinés comme tous les badauds, ils prélèveront une écaille du dragon : l’artefact d’origine extraterrestre. Ce tribut qui semblait anodin et qu’ils rêvaient synonyme de richesse, et qui causera pourtant leur malédiction.
Un peu touche à tout, l’univers imaginé par Paul McAuley est à la fois post-apocalyptique, Science-Fiction, rencontre du troisième type, anticipation, dystopie… et s’avère plutôt réussi. On s’y retrouve avec aisance, d’autant que l’histoire n’intègre aucune dimension politique prompte à complexifier un récit. Du côté des personnages, même constat: Damian et Lucas jouissent de la psychologie nécessaire à la compréhension de leurs parcours, de leurs choix. L’écriture, elle, est fluide, belle et jamais simpliste, mieux elle porte à plein cette courte œuvre.

Un bilan bienveillant et qui peut à ce titre suffire à une très belle lecture. Cependant, le synopsis conventionnel et conformiste ne soulève pas vraiment l’enthousiasme. Et puis l’auteur s’égare en ne faisant pas le choix qui lui incombe : que peut il développer dans ce court format. Bavard sur l’univers comme sur les personnages sans pour autant les rendre attachants ou antipathiques. Il ne laisse malheureusement pas, en 70 pages, la place à une intrigue suffisamment consistante. L’épilogue lui même est non seulement prévisible, mais est surtout d’un abrupt déconcertant.


Rapide, facile et accommodant, Le choix est donc une lecture agréable et récréative, mais l’histoire, elle, ne prend pas pleinement.
Une conclusion bien amère pour une novella engageante, mais ce livre s’avère bizarrement aussi bon que dispensable.

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