Invasion

Le succès d’estime remarquable de “l’homme-dé” a mis en lumière Luke Rhinehart au point que la parution de ses autres romans semble logique. Il est donc tout naturel de voir son dernier écrit gonfler les rangs de cette rentrée littéraire.  Après le récit semi-autobiographique, c’est vers la farce qu’il se tourne cette fois avec “Invasion”. Une comédie pamphlétaire sous forme d’invasion extraterrestre. Grand écart ? Un peu tout de même, car si le ton, le style ou les convictions sont là, difficile de comparer ces deux titres.  


 

Aux forges de vulcain, 2018
Aux forges de vulcain,
2018

Il fallait bien au moins un anticonformiste comme Billy Morton pour lier si facilement son destin aux PP, ces extraterrestres venus d’un monde parallèle. Pur produit de la génération Vietnam, contestataire et résolument critique sur l’Amérique d’aujourd’hui, Billy vit désormais une vie apaisée de pêcheur en mer et c’est d’ailleurs sur son bateau que cet être incongru aux allures de ballon de plage poilu est venu à sa rencontre. Tout de suite s’est créé entre le vieux bourru à l’humour douteux et l’alien taquin un solide lien d’amitié. Une complicité qui va mener Billy et sa famille à affronter FBI, NSA, CIA et toutes les organisations gouvernementales et paranoïaques que les USA ne cessent d’inventer. Car Louie, le PP de la famille Morton, fort de ses incroyables capacités intellectuelles, a choisi de jouer avec les valeurs capitalistes de la nation, là où d’autres de ses congénères se contentent de faire rire des publics conquis. 

Les tribulations de nos deux trublions se présentent donc sous la forme d’une histoire résolument farfelue. Le ton à la fois cynique et cocasse côtoie un comique de répétition à portée de main tant les services du gouvernement US souffrent d’un bégayement pathologique. Il s’agit assurément du roman potache de cette rentrée. Une lecture faite de rigolades et de sourires. 

Le récit est affublé d’un style très direct, un procédé devenu plutôt courant mais qui, dans le cas présent, fonctionne parfaitement, car il Illustre au mieux la légèreté de cette kyrielle de péripéties, de cette interminable suite de pitreries burlesques. Un enchevêtrement malicieusement caricatural qui se lit vite, très vite, et c’est peut-être mieux ainsi car 450 pages d’une histoire simpliste qui se répète inlassablement cela pourrait bien s’avérer trop pour la plupart des lecteurs. Nous avons tous des limites différentes et si j’ai personnellement mis un terme à ma lecture avec le point final, aurais-je tenu même 50 pages de plus ? Ni l’histoire, ni les choix narratifs, ni le comique ne justifie un roman si long, car il manque selon moi la consistance essentielle. Oui, Rhineart ne cache pas son mépris de l’Amérique sclérosée par le capitalisme et la NRA, mais ici tout est dérision, aucun propos subversif, juste la farce. Il ne profite pas de l’occasion pour transformer cette diatribe critique en une véritable aventure. 


 

“Invasion” ressemble fort à une sympathique pochade. Elle promet d’ailleurs quelques moments réjouissants, un humour efficace ainsi qu’une parodie facile mais limitée et si je me suis bien amusé Il est probable que j’oublie cette lecture aussi rapidement que je l’ai lu. 

 

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