High Opp

Puisque Frank Herbert fut un stakhanoviste de la plume et que sa production est considérable, quoi de plus normal que d’y trouver quelques romans séduisant : Dune son chef d’œuvre, mais aussi bien sur quelques autres. Il n’est donc pas si opportuniste de publier encore des inédits longtemps après sa mort. Ce High Opp qui vient d’un fond de tiroir fera mentir les plus mesquins des détracteurs.
Aux antipodes de l’univers de d’Arrakis (Dune) qui enchanta des générations de lecteurs, ce court roman n’a rien à craindre de sa filiation, et sous son air rapide il est réellement réjouissant.


high-oppSur fond d’anticipation et d’une société normalisée sécuritaire, la vengeance d’un dignitaire déchu coïncide étonnamment avec les projets d’une révolution.
Daniel Movius, le plus brillant des dignitaires mais surtout l’un des rares originaires de la masse laborieuse, se voit déchu du jour a lendemain à l’issu d’un vote populaire qui n’a de démocratique que le nom. Mais si il fut le plus brillant, c’est bien sur que son esprit est vif, que sa connaissance du système est parfaite, mais surtout et avant tout qu’il est un battant aux ressources formidables. Alors il ne lui suffira que d’un coup de pouce et les guerres intestines inhérentes au pouvoir vont en un laps de temps infime propulser notre héros au meilleur endroit pour fomenter le plus magnifique coup d’état.
Entre anticipation et dystopie, les tribulations de Movius se situent sur le plant de l’action, nul charge politique encore moins écologique, une aventure sans fioriture, un brin basique, mais redoutablement efficace.
En conclusion ce court roman mordant, concis et qui semble n’être qu’un texte mineur est en réalité bien plus marquant. Quelques mois après sa lecture le souvenir reste intact, le sentiment de satiété assouvi. High-opp est un petit texte pour un grand plaisir de lecture.